210,000 VNĐ
LA SUITE NE SERA QUE SILENCE
Détails sur le produit: » Prix: 210,000 VNĐ » Barecode: 9782253184102 » Auteur: Christian Bindner » Éditeur: Le Livre de Poche » L'année d'édition: 13 mai 2015 » Langue: Français » Dimension: 11 x 1,2 x 17,8 cm » Nombre de page: 216 » Poids: 0.135 KgDescriptions du produit
Extrait
Vingt heures. Comme un soupir s'installe un drôle de calme. Les lumières se sont éteintes, le héros s'est éclipsé, la salle s'est vidée, le spectacle est terminé.
Avant, oiseaux noirs dans une volière, les avocats faisaient voler leurs manches, avant c'étaient cris et tintamarre, paroles, paroles, singulière représentation de la comédie humaine avec, sous les angelots du plafond doré, des juges en robe rouge, en robe noire, pourquoi pas en perruque comme en Angleterre ? Et aussi des trompettes, oui, les trompettes d'Aïda pour terminer, ça j'aurais adoré !
Vingt heures. L'envers du décor, les coulisses. Ils m'ont laissé ma montre. La grande aiguille avance sans bruit. Tout est dit. Commence l'interminable attente.
Vingt heures. Mes juges délibèrent. Ils tiennent ce qu'il me reste à vivre au creux de leurs mains. Et je sais qu'en ce moment, alors que je me morfonds, solitaire, le public des voyeurs s'agglutine au comptoir de la brasserie d'en face. Certains commandent à dîner, ceux-là savent que ça va durer.
Je les ai bien observés, les neuf en train de me régler mon compte. J'ai eu tout mon temps durant cette interminable semaine de procès. La cour et le jury. Trois magistrats empesés et six jurés populaires égarés, tirés au sort sur les listes électorales. C'est ça les assises.
Ma chance, ce sont les cinq femmes parmi les honnêtes citoyens retenus pour me juger. Cinq sur six. Ma «chance», c'est mon vibrionnant avocat qui le dit, qui se lève, qui s'assoit, qui se lève encore, me parle à l'oreille, interrompt d'un sarcasme un confrère, cherche dans ses dossiers, fait tomber ses feuilles, les ramasse en vrac, renonce à les remettre en ordre. C'est un jeune avocat, le fils d'un ami de mon père. Petit, mais dressé de toute sa hauteur sur ses chaussures à talonnettes, il ressemble à un jeune coq, les cheveux en pétard et un petit bedon qui tend sa robe. Il ne ressemble à rien mais il a déjà remporté un concours d'éloquence. Surtout, il s'est spécialisé dans les histoires de femmes battues et d'enfants martyrs. Le premier jour d'audience, il a refusé autant que possible les hommes. Il prétend qu'il vaut mieux confier son sort aux femmes «dans ce genre d'affaires». Allez savoir
Présentation de l'éditeur
Quatre heures, le temps du délibéré de la cour d'assises qui juge Baptiste Chauvalet pour avoir assassiné le tortionnaire de son fils de 7 ans. Quatre heures de la vie d'un homme à la fois victime et bourreau. « Le procès de la légitime vengeance », titre la presse. Sous le poids de l'attente, les événements qui ont mené à l'enlèvement de son fils reviennent à Baptiste. Histoires dans l'histoire, se juxtaposent les souvenirs des procès auxquels il a assisté en tant que dessinateur judiciaire : le petit Grégory, François Besse, les bébés congelés, Outreau... Christian Bindner brouille avec adresse les lignes de son récit. Il fait ressurgir par bribes le passé de Baptiste, ses contradictions d'honnête homme devenu meurtrier. Il révèle aussi les coulisses de ce grand théâtre qu'est un procès d'assises et trace d'une écriture enlevée la mince frontière entre le bien et le mal.








