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Le Crépuscule du devoir

Détails sur le produit: » Prix: 267,000 VNĐ » Barecode: 9782070411870 » Auteur: Gilles Lipovetsky » Éditeur: Folio » L'année d'édition: 11 février 2000 » Langue: Français » Dimension: 17,8 x 10 x 1,2 cm » Nombre de page: 368 » Poids:

Descriptions du produit

Descriptions du produit
Le Crépuscule du devoir, essai résolument paradoxal, s'inscrit en faux contre le lieu commun d'un retour de la morale. L'éthique postmoderne s'édifie, en effet, sur les ruines de la morale laïque qui exaltait les valeurs de l'effort et du sacrifice de soi, conformément aux préceptes de la morale religieuse traditionnelle.
Gilles Lipovetsky montre ainsi comment nos préoccupations éthiques traduisent davantage un souci individualiste de bien-être qu'une quête du bien. L'éthique contemporaine est moins soucieuse d'intentions pures que d'efficacité. Sortant de l'ère du devoir, nous sommes entrés dans celle du droit au bonheur. Il s'agit désormais de favoriser l'avènement de règles qui garantissent à chacun les conditions d'un libre épanouissement, tout en interdisant les actions socialement préjudiciables. Nous voici donc contraints par la loi de ne pas fumer, par exemple, sans n'avoir plus à craindre d'être jugés d'après la pureté de nos mobiles. Jouir de soi tout en étant utile aux autres, être efficace plutôt que méritant constituent les préceptes cardinaux de la nouvelle éthique.
Revue de presse
Nous sommes entrés, depuis le milieu du siècle, dans l'âge de l'après-devoir
Après le passage du devoir religieux au devoir laïque opéré par les modernes, nos contemporains ont érigé le culte du bien-être et de l'épanouissement de soi. L'âge post-moderne refuse tout sacrifice à un devoir supérieur, il est par excellence post-moraliste et hors-devoir. 
A la fin du devoir répond un renouveau éthique
Pour contrebalancer les excès d'un individualisme libéré de toutes contraintes, l'éthique devient une priorité. Mais au lieu de se fonder sur des devoirs supérieurs, l'éthique d'aujourd'hui fait appel à la responsabilité de chacun. C'est une éthique faible mais raisonnable et efficace. 
Le renouveau éthique est une caractéristique du hors-devoir
La demande éthique s'étend à l'ensemble des domaines de la vie, de la sexualité à l'entreprise, en passant par les rapports de l'individu à lui-même et aux autres, sans oublier la protection de l'environnement, la recherche scientifique ou les affaires. 
La vague éthique est générale.
Que reste-t-il de la morale de nos grand-mères, apprise sur les bancs de l'école et réactivée éventuellement à coup de gifles à la maison ? Respecter ses parents, refuser les plaisirs du corps, jaillir le premier de la tranchée, accepter la discipline du travail, tels sont quelques uns des préceptes forgés au XIXe siècle que nous voyons disparaître aujourd'hui.
Comme le montrent très bien les cités ouvrières conçues par le patronat de 1880 ou le Familistère de Guise de Godin (à visiter absolument), la morale était partout et surtout dans le travail, l'instrument de la domination de la société sur l'individu en même temps que son ciment. "Fais pas ci, fais pas ça" chante Jacques Dutronc en 1970 : aucun droit pour l'enfant et tous les pouvoirs aux parents, représentants de la société éducatrice.

L'auteur décrit finement la dissolution sous nos yeux de tous ces beaux et sévères principes. Droit à disposer de son corps, vendre ses organes, marier des homosexuels, tolérer la polygamie, divorcer, choisir sa mort, seraient autant de fleurs du mal pour un contemporain de baudelaire tandis qu'elles sont des banalités pour nous.

Mais ce laisser aller n'est qu'apparent. Loin de conduire aux excès, il masque une nouvelle morale qui se fixe dans les droits individuels et régit les relations entre les personnes. Est morale la liberté qui ne nuit pas aux autres : droits de l'enfant, droits des minorités, des animaux, de la nature, des affamés et des sans logis.

Dans son Crépuscule du devoir, Gilles Lipovetsky laisse ainsi apparaître l'aube du postmoralisme "clean", humanitaire, politiquement correct et procédurier. C'est l'avènement de l'individualisme autonome campé sur ses droits et pratiquant une morale sans obligation ni sanction. De là, Lipovetsky suppose une demande globale d'éthique pour faire muer une morale désormais inadéquate en une conscience écologique. L'entreprise est la première, selon lui, à récupérer cette demande en en faisant le marketing interne et externe : ce sont les noces du business et de l'éthique. Chartes de l'excellence et rappels de produits défectueux à grands renforts de publicité sont pour lui les actes de ce détournement mis en musique par un management nouveau, celui du facteur humain. En effet, ce style de management répond au nouveau besoin de développement individuel.

Finalement, l'auteur raconte l'histoire d'une civilisation qui mue et maintient l'usage de ses vieux outils mais avec des significations nouvelles. Il a raison de souligner que les salariés sont plus autonomes maintenant qu'auparavant. C'est que les tâches sont trop complexes pour être ordonnées et ne peuvent que se déléguer. La question est : jusqu'où ira-t-on dans cette direction ? Verra-t-on des contrats et des rémunérations totalement affranchis du temps de présence et seulement liés à une mission et à un résultat ?

Par ailleurs, l'éclatement de la morale traditionnelle en multiples éthiques communautaires peut conduire, dans l'entreprise, à des approches déontologiques de métiers plutôt que d'entreprise. Suivant l'auteur, on se plaît à imaginer un groupe industriel mobilisant ses employés autour d'un projet d'entreprise humanitaire.

Néanmoins, l'actualité réelle semble bien éloignée des thèmes du livre, du moins concernant le monde du travail. L'ordre du jour des cinq prochaines années semble être davantage centré autour du statut et de la légitimité des dirigeants, du cadre des relations avec l'état régulateur et l'état client. Enfin, le conflit entre les défenseurs des droits acquis (les moralistes ?) et les tenant de l'autonomie individuelle (les post-moralistes ?) est de loin le plus menaçant collectivement et le plus déterminant individuellement. -

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