518,000 VNĐ
La Fabrique des mots
Détails sur le produit: » Prix: 518,000 VNĐ » Barecode: 9782234074200 » Auteur: Erik Orsenna » Éditeur: Stock » L'année d'édition: 24 avril 2013 » Langue: Français » Dimension: 21,4 x 14,4 x 1,4 cm » Nombre de page: 144 » Poids:Descriptions du produit
Extrait
Où les dictionnaires sont incendiés
Méfiez-vous ! Les mots ne sont pas ce qu'on croit : de petits animaux doux et dociles, auxquels il n'arrive jamais rien.
Les mots aiment l'amour. Mais aussi la bataille. Ils se trouvent ainsi mêlés à toutes sortes d'aventures, sentimentales et dangereuses.
Dangereuses pour ceux qui les racontent.
Dangereuses aussi pour ceux qui les écoutent.
Il y a des histoires qui sont des déclarations de guerre.
Voilà pourquoi, moi, Jeanne, je me suis tue. J'ai préféré attendre que le temps passe. J'étais petite, à l'époque, dix ans et quelques mois.
Mais l'heure est venue de parler.
Qu'importent les risques.
Viendrez-vous à mon secours si je suis attaquée ?
Fermez les portes et les fenêtres.
Et pas de papier, aucun crayon, encore moins de mail (ou dit aussi «courriel») ou de SMS. Je ne veux pas de notes. Il ne faut laisser aucune trace. Tendez juste l'oreille. Et ouvrez bien votre mémoire.
Vous êtes prêts ?
Il était une fois...
Ce jour-là, rien n'annonçait le drame. C'était un dimanche. Dès le matin, la mer, tranquillement, sans qu'on le lui demande, avait atteint la température idéale. Vingt-sept degrés. Et les poissons multicolores semblaient nous attendre pour commencer à jouer. Il faut dire que nous les connaissons bien. Nous les appelons par leurs noms : le pygoplite (jaune et bleu, rayé de blanc), l'empereur (queue orange, lunettes presque noires), l'ange géographe (celui qui porte, au milieu de son corps bleu, cette tache jaune qui rappelle l'île de Madagascar...) (...)
Méfiez-vous ! Les mots ne sont pas ce qu'on croit : de petits animaux doux et dociles, auxquels il n'arrive jamais rien.
Les mots aiment l'amour. Mais aussi la bataille. Ils se trouvent ainsi mêlés à toutes sortes d'aventures, sentimentales et dangereuses.
Dangereuses pour ceux qui les racontent.
Dangereuses aussi pour ceux qui les écoutent.
Il y a des histoires qui sont des déclarations de guerre.
Voilà pourquoi, moi, Jeanne, je me suis tue. J'ai préféré attendre que le temps passe. J'étais petite, à l'époque, dix ans et quelques mois.
Mais l'heure est venue de parler.
Qu'importent les risques.
Viendrez-vous à mon secours si je suis attaquée ?
Fermez les portes et les fenêtres.
Et pas de papier, aucun crayon, encore moins de mail (ou dit aussi «courriel») ou de SMS. Je ne veux pas de notes. Il ne faut laisser aucune trace. Tendez juste l'oreille. Et ouvrez bien votre mémoire.
Vous êtes prêts ?
Il était une fois...
Ce jour-là, rien n'annonçait le drame. C'était un dimanche. Dès le matin, la mer, tranquillement, sans qu'on le lui demande, avait atteint la température idéale. Vingt-sept degrés. Et les poissons multicolores semblaient nous attendre pour commencer à jouer. Il faut dire que nous les connaissons bien. Nous les appelons par leurs noms : le pygoplite (jaune et bleu, rayé de blanc), l'empereur (queue orange, lunettes presque noires), l'ange géographe (celui qui porte, au milieu de son corps bleu, cette tache jaune qui rappelle l'île de Madagascar...) (...)
Revue de presse
C'est l'histoire d'un dictateur des Caraïbes qui veut remettre
son peuple au travail. Une sorte de Chávez ou de Duvalier en plus
grotesque encore, qui prétend déclencher un "choc de compétitivité" chez
ses sujets en limitant le nombre de mots qu'ils ont le droit de
prononcer. Douze mots, et pas un de plus : "naître", "manger", "boire",
"pisser", "déféquer", "dormir", "divorcer", "se marier", "travailler",
"vieillir", "mourir", et évidemment - il s'agit quand même d'un
dictateur - "acclamer"...
Ça a l'air ridicule, voire cocasse. Mais il faut se rappeler que la réalité a hélas précédé le conte d'Orsenna : en Birmanie, le généralissime Than Schwe avait ainsi rebaptisé, du jour au lendemain, toutes les villes du pays. "Tous les dictateurs ont eu des problèmes avec les noms, les mots", nous confie l'académicien. "Pourquoi ? Parce que les mots expriment la diversité du monde et l'autonomie de la personne. Le mot est le moteur du jugement. Si on tue le mot, on tue le jugement, et on fait tout gober."...
La lecture du livre d'Orsenna agit comme un antidote : sous les aspects d'un conte, on y apprend énormément de choses, on peut le lire à ses enfants, et on peut aussi le regarder longtemps : car last but nos least (...), il est magnifiquement illustré par Camille Chevrillon, dans des couleurs chaudes et caraïbes qui donnent envie de partir illico pour ce pays des mots... (Christophe Ono-dit-Biot - Le Point du 2 mai 2013)
Une fable où l'on croise Nécrole, l'inculte dictateur, Jeanne, la jeune écrivain en herbe, et tous ses camarades de classe en lutte, comme leur professeur Mlle Laurencin, contre le bannissement par Nécrole de la plupart des mots d'un peuple jugé trop bavard. A noter les superbes dessins, très gais et colorés, de Camille Chevrillon, jeune diplômée des Arts déco, qui accompagnent ce bel hommage. (Marianne Payot - L'Express, mai 2013)
Ça a l'air ridicule, voire cocasse. Mais il faut se rappeler que la réalité a hélas précédé le conte d'Orsenna : en Birmanie, le généralissime Than Schwe avait ainsi rebaptisé, du jour au lendemain, toutes les villes du pays. "Tous les dictateurs ont eu des problèmes avec les noms, les mots", nous confie l'académicien. "Pourquoi ? Parce que les mots expriment la diversité du monde et l'autonomie de la personne. Le mot est le moteur du jugement. Si on tue le mot, on tue le jugement, et on fait tout gober."...
La lecture du livre d'Orsenna agit comme un antidote : sous les aspects d'un conte, on y apprend énormément de choses, on peut le lire à ses enfants, et on peut aussi le regarder longtemps : car last but nos least (...), il est magnifiquement illustré par Camille Chevrillon, dans des couleurs chaudes et caraïbes qui donnent envie de partir illico pour ce pays des mots... (Christophe Ono-dit-Biot - Le Point du 2 mai 2013)
Une fable où l'on croise Nécrole, l'inculte dictateur, Jeanne, la jeune écrivain en herbe, et tous ses camarades de classe en lutte, comme leur professeur Mlle Laurencin, contre le bannissement par Nécrole de la plupart des mots d'un peuple jugé trop bavard. A noter les superbes dessins, très gais et colorés, de Camille Chevrillon, jeune diplômée des Arts déco, qui accompagnent ce bel hommage. (Marianne Payot - L'Express, mai 2013)








