Le marché «à la française» de Hanoi
Patrice Gautier présente les stands du marché.
Situé dans une ruelle de la rue Tô Ngoc Vân de l’arrondissement de Tây
Hô à Hanoi, cet unique marché en son genre se tient chaque samedi matin,
de 9h00 à 12h00. Deux ans après ses débuts, ce marché attire un bon
nombre de Français et d’étrangers vivant à Hanoi. Il abrite une
vingtaine de stands proposant fruits et légumes, miel, fromages,
boissons, friandises, pains, pizzas, œufs... Au début, on n’y trouvait
que des produits d’élevage mais maintenant, les clients peuvent y
trouver livres, cosmétiques, produits d’art et d’artisanat, etc., avec
l’étiquetage du prix et du fabriquant.
Les clients du marché sont pour la plupart des étrangers, et notamment
des Français de l’arrondissement de Tây Hô. Avec le temps, le
bouche-à-oreille a fait son effet : la clientèle s’est diversifiée
jusqu’à attirer des Vietnamiens qui souhaitent découvrir la gastronomie
française et l’ambiance si singulière qui règnent en ces lieux.
Le marché de Tây Hô porte des particularités culturelles que l’on trouve en France et en Europe.
«Je connais ce marché parce que j’ai vu un reportage à la télévision. Je m’y rends pour voir ce qu’il y a. En tout cas, c’est un modèle de marché tout nouveau pour moi», a partagé Nguyên Thu Minh, domiciliée dans l’arrondissement de Ba Dinh, Hanoi.
Selon Patrice Gautier, le marché aux puces, la brocante hebdomadaire est
une des particularités culturelles que l’on trouve en France et en
Europe. Les Occidentaux s’y rendent aussi pour se détendre et faire des
rencontres. Il n’est pas seulement question de faire des achats. «Je
viens ici tous les samedis. Tout d’abord, parce que c’est un endroit
sympathique où l’on a l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes ou
quelques amis. Hormis, les produits occidentaux, on peut aussi trouver
des produits vietnamiens, des fruits, des légumes, de la viande, etc.», s’est exprimé Guillaume Christophe, un Français.
Des produits rares et de qualité
Travaillant dans le secteur médical, Patrice Gautier est très
scrupuleux en matière d’hygiène et de sécurité alimentaire. Les vendeurs
doivent respecter à la lettre les règles sur la qualité et l’origine
des produits.
Arrivé au stand de Jean Louis Valade, on remarque que la plupart des
produits de beauté qu’il vend sont importés directement de France. On y
trouve des parfums, des savons mais aussi des produits artisanaux
vietnamiens. Il nous confie que les affaires sont bonnes, même si pour
lui, l’essentiel est ailleurs. Quoi de mieux en effet que de discuter
avec ses clients pour partager une tranche de vie sur la France et sa
culture ?
Pour Marie Lahouati, pro-priétaire d’un stand de livres, la raison qui
l’a poussée à devenir vendeuse ici est assez insolite : elle s’est
rendue au marché de Tây Hô pour acheter des livres francophones pour ses
enfants, sans succès. Elle a donc décidé de prendre les choses en main
et a ouvert un stand bien achalandé en livres écrits dans la langue de
Molière. Une bonne chose dans la mesure où, selon elle, les livres en
français sont difficiles à se procurer à Hanoi et sont vendus à un prix
exorbitant. «C’est très bien, très agréable et aussi très fatiguant
de tenir ce stand parce que le travail est assez intensif. Imaginez une
foule de gens pendant au moins trois heures ! Mais je vous avoue que je
trouve que c’est intéressant de pouvoir proposer cette sélection de
livres à un large public», a fait savoir Marie Lahouati.
Ce marché attire bon nombre de Français et d’étrangers vivant à Hanoi.
«On a pour objectif de mieux diversifier nos offres sur le marché Tây Hô. Par exemple, je pense qu’il manque encore certains fruits. Notre deuxième objectif est d’essayer d’ouvrir un ou deux autres marchés similaires à Hanoi ou à Hô Chi Minh-Ville. Cela fait un an que nous y pensons, ça fait partie de nos priorités. Pour notre prochain marché, on souhaite un lieu qui serait en plein air et gratuit si possible. Nous gardons espoir sur notre capacité de nous développer car avoir un espace dans un hôtel, un restaurant, un parking est un privilège pour les intéressés : n’importe quelle entreprise qui accueillera notre marché se fera une bonne publicité», a confié Patrice Gautier.
Le succès rencontré surpasse les ambitions de son instigateur. C’est bien plus qu’un marché avec des vendeurs et des clients. Il s’agit d’un lieu de convergence entre différents aspects de la culture européenne.
Texte et photos : Tùng Chi/CVN
(http://lecourrier.vnanet.vn)
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