Extrait
Avant-propos
Que serait Paris sans la Seine ? La Seine, véritable tableau animé, source d'inspiration depuis des siècles pour d'innombrables artistes qu'ils soient peintres, écrivains ou chanteurs. Elle est, à mes yeux, l'une des plus belles, sans doute même la plus belle avenue de la capitale ! Celle au bord de laquelle vivent et travaillent des passionnés qui, grâce à cet ouvrage, vont vous transmettre leurs connaissances.
Je souhaitais ce livre comme le prolongement de l'émission Des Racines Se des Ailes que j'ai l'honneur de présenter depuis maintenant sept ans, depuis que Patrick de Carolis m'a offert ce très beau cadeau ! Ce magazine emblématique de France Télévisions, qui touche un très large public, est aujourd'hui de plus en plus prescripteur : il donne envie à des millions de téléspectateurs de pousser les portes des musées, des lieux d'histoire et de culture. Ce sera également le cas avec cet ouvrage qui, je l'espère, est le premier d'une longue série qui va parfaitement compléter l'émission.
Pour cette première destination, nous vous embarquons donc sur la Seine, à Paris : un fleuve de légende, un patrimoine vivant chargé de mille histoires que nous avons régulièrement mis en lumière, ces dernières années, dans Des Racines Se des Ailes.
Je vous propose de les redécouvrir avec un nouveau regard... Mais si la mise en «Seine» est différente, notre passion et notre exigence demeurent identiques, comme vous allez vous en apercevoir au fil de ces pages, au cours de ce voyage au fil de l'eau, au fil du temps. De la fondation de Lutèce jusqu'aux créations du Paris du XXIe siècle, nous allons vous raconter cette ville aux couleurs, aux lumières, aux atmosphères uniques, sur la rive droite comme sur la rive gauche...
Des rives que les Parisiens portent profondément dans leur coeur, mais qui appartiennent également au patrimoine national, et même mondial, surtout depuis leur inscription sur la prestigieuse liste de l'Unesco, il y a une dizaine d'années...
J'avais aussi envie de vous emmener sur les ponts de Paris. Ils sont trente-sept à enjamber la Seine : des ponts romantiques, historiques ou technologiques qui offrent un incomparable belvédère sur le fleuve et les monuments qui le bordent, comme le montre le magnifique reportage photographique qui accompagne les textes de ce livre.
J'espère que vous allez partager mon enthousiasme et prendre beaucoup de plaisir à tourner ces pages, à vous promener, à vous laisser guider le long de ce fleuve, majestueux, parfois capricieux, toujours fascinant, grâce auquel Paris est devenue l'une des plus belles villes du monde !
LOUIS LAFORGE
présentateur de l'émission DES RACINES & DES AILES
*
Le premier pont de Paris ? Il vient de loin. Jules César témoigne de l'existence d'un franchissement du fleuve à Lutèce avant l'invasion de la Gaule, en 52 av. J.-C. Longtemps, deux ponts, le Grand-Pont et le Petit-Pont, assurent ainsi la jonction stratégique entre la rive gauche, l'île de la Cité et la rive droite. En 861, Charles le Chauve les fortifie. De quoi arrêter les Vikings mais pas les assauts du fleuve ni du temps. Un pont chasse l'autre. Commerces et habitations s'y empilent. Les «ponts-rues» sont emportés à leur tour. Le Pont-Neuf est le premier à tout montrer : la Seine, ses quais, ses monuments, son monde flottant. Vient le XIXe siècle qui voit naître une quinzaine de ponts, plus qu'au cours des précédents siècles. Avec le pont Alexandre-III, un tsar, pardon, une star est née ! L'automobile déboule, à laquelle quelques tabliers tentent bien de s'opposer, comme par hasard le pont des Arts... Heureusement, voilà que l'on parle à nouveau de respirer. La passerelle Simone-de-Beauvoir ajoute au respect du piéton celui de la parité. Et si le pont Charles-de-Gaulle déploie sa grande aile d'avion, il n'oublie pas désormais la piste à Vélib. Passons en revue, de l'amont vers l'aval, les trente-sept ponts parisiens. Comme le chante joliment Juliette Gréco dans son dernier opus : «Ça se traverse et c'est beau...»
LA FOLLE ÉTREINTE
La passerelle Simone-de-Beauvoir
Scène insolite que celle de cette centaine de jeunes gens allant et venant, en pleine chaleur, sur la passerelle Simone-de-Beauvoir; d'abord au pas cadencé, puis en se mettant à sautiller, à trottiner, pour finir par un sprint du diable ! Happening} Nouvelle mode urbaine pour se dépenser ? Rien de tout cela. Il s'agit en fait d'étudiants occupés à tester les réactions de la passerelle avant sa mise en service, sous l'oeil attentif des ingénieurs du chantier ! Expérience originale que de découvrir ces personnages s'agitant dans l'entrelacs, apparaissant tantôt sur le tablier du haut, tantôt sur celui du dessous. Le résultat d'une conception architecturale inédite dans les annales des ponts. La passerelle ici ne comporte, en effet, aucune arche. D'une portée libre de 190 mètres, elle est constituée de deux éléments synergiques, un arc et une suspente caténaire; deux courbes métalliques qui collaborent et s'équilibrent, rendant inutiles des appuis additionnels et créant ainsi une passerelle suspendue sans appui dans l'eau. De quoi faire dire joliment à l'architecte Jean-Paul Robert : «La passerelle Simone-de-Beauvoir ne tient sur rien, ne procède que de son élan, ne dépend que de sa hardiesse. [...] Elle est une et plurielle, se découpe en ondes qui lui donnent sa mélodie syncopée.» Hommage à un autre architecte, l'Autrichien Dietmar Feichtinger, auteur de la dernière-née des quatre passerelles parisiennes.
Que serait Paris sans la Seine ? La Seine, véritable tableau animé, source d'inspiration depuis des siècles pour d'innombrables artistes qu'ils soient peintres, écrivains ou chanteurs. Elle est, à mes yeux, l'une des plus belles, sans doute même la plus belle avenue de la capitale ! Celle au bord de laquelle vivent et travaillent des passionnés qui, grâce à cet ouvrage, vont vous transmettre leurs connaissances.
Je souhaitais ce livre comme le prolongement de l'émission Des Racines Se des Ailes que j'ai l'honneur de présenter depuis maintenant sept ans, depuis que Patrick de Carolis m'a offert ce très beau cadeau ! Ce magazine emblématique de France Télévisions, qui touche un très large public, est aujourd'hui de plus en plus prescripteur : il donne envie à des millions de téléspectateurs de pousser les portes des musées, des lieux d'histoire et de culture. Ce sera également le cas avec cet ouvrage qui, je l'espère, est le premier d'une longue série qui va parfaitement compléter l'émission.
Pour cette première destination, nous vous embarquons donc sur la Seine, à Paris : un fleuve de légende, un patrimoine vivant chargé de mille histoires que nous avons régulièrement mis en lumière, ces dernières années, dans Des Racines Se des Ailes.
Je vous propose de les redécouvrir avec un nouveau regard... Mais si la mise en «Seine» est différente, notre passion et notre exigence demeurent identiques, comme vous allez vous en apercevoir au fil de ces pages, au cours de ce voyage au fil de l'eau, au fil du temps. De la fondation de Lutèce jusqu'aux créations du Paris du XXIe siècle, nous allons vous raconter cette ville aux couleurs, aux lumières, aux atmosphères uniques, sur la rive droite comme sur la rive gauche...
Des rives que les Parisiens portent profondément dans leur coeur, mais qui appartiennent également au patrimoine national, et même mondial, surtout depuis leur inscription sur la prestigieuse liste de l'Unesco, il y a une dizaine d'années...
J'avais aussi envie de vous emmener sur les ponts de Paris. Ils sont trente-sept à enjamber la Seine : des ponts romantiques, historiques ou technologiques qui offrent un incomparable belvédère sur le fleuve et les monuments qui le bordent, comme le montre le magnifique reportage photographique qui accompagne les textes de ce livre.
J'espère que vous allez partager mon enthousiasme et prendre beaucoup de plaisir à tourner ces pages, à vous promener, à vous laisser guider le long de ce fleuve, majestueux, parfois capricieux, toujours fascinant, grâce auquel Paris est devenue l'une des plus belles villes du monde !
LOUIS LAFORGE
présentateur de l'émission DES RACINES & DES AILES
*
Le premier pont de Paris ? Il vient de loin. Jules César témoigne de l'existence d'un franchissement du fleuve à Lutèce avant l'invasion de la Gaule, en 52 av. J.-C. Longtemps, deux ponts, le Grand-Pont et le Petit-Pont, assurent ainsi la jonction stratégique entre la rive gauche, l'île de la Cité et la rive droite. En 861, Charles le Chauve les fortifie. De quoi arrêter les Vikings mais pas les assauts du fleuve ni du temps. Un pont chasse l'autre. Commerces et habitations s'y empilent. Les «ponts-rues» sont emportés à leur tour. Le Pont-Neuf est le premier à tout montrer : la Seine, ses quais, ses monuments, son monde flottant. Vient le XIXe siècle qui voit naître une quinzaine de ponts, plus qu'au cours des précédents siècles. Avec le pont Alexandre-III, un tsar, pardon, une star est née ! L'automobile déboule, à laquelle quelques tabliers tentent bien de s'opposer, comme par hasard le pont des Arts... Heureusement, voilà que l'on parle à nouveau de respirer. La passerelle Simone-de-Beauvoir ajoute au respect du piéton celui de la parité. Et si le pont Charles-de-Gaulle déploie sa grande aile d'avion, il n'oublie pas désormais la piste à Vélib. Passons en revue, de l'amont vers l'aval, les trente-sept ponts parisiens. Comme le chante joliment Juliette Gréco dans son dernier opus : «Ça se traverse et c'est beau...»
LA FOLLE ÉTREINTE
La passerelle Simone-de-Beauvoir
Scène insolite que celle de cette centaine de jeunes gens allant et venant, en pleine chaleur, sur la passerelle Simone-de-Beauvoir; d'abord au pas cadencé, puis en se mettant à sautiller, à trottiner, pour finir par un sprint du diable ! Happening} Nouvelle mode urbaine pour se dépenser ? Rien de tout cela. Il s'agit en fait d'étudiants occupés à tester les réactions de la passerelle avant sa mise en service, sous l'oeil attentif des ingénieurs du chantier ! Expérience originale que de découvrir ces personnages s'agitant dans l'entrelacs, apparaissant tantôt sur le tablier du haut, tantôt sur celui du dessous. Le résultat d'une conception architecturale inédite dans les annales des ponts. La passerelle ici ne comporte, en effet, aucune arche. D'une portée libre de 190 mètres, elle est constituée de deux éléments synergiques, un arc et une suspente caténaire; deux courbes métalliques qui collaborent et s'équilibrent, rendant inutiles des appuis additionnels et créant ainsi une passerelle suspendue sans appui dans l'eau. De quoi faire dire joliment à l'architecte Jean-Paul Robert : «La passerelle Simone-de-Beauvoir ne tient sur rien, ne procède que de son élan, ne dépend que de sa hardiesse. [...] Elle est une et plurielle, se découpe en ondes qui lui donnent sa mélodie syncopée.» Hommage à un autre architecte, l'Autrichien Dietmar Feichtinger, auteur de la dernière-née des quatre passerelles parisiennes.
Biographie de l'auteur
Valentine Vermeil exerce une activité de photographe indépendante depuis 2001, effectuant des commandes pour la presse (Marie-Claire, Le Monde, Rue 89, etc.), des maisons d édition (Gallimard, Éditons Ereme, Éditions Carré) et des entreprises privées. De 2003 à 2005, elle enseigne la photographie au Lycée d Art Plastiques J. Renoir à Paris. Elle devient membre de l'Agence coopérative Picturetank en 2006, et du collectif de photographes Temps Machine en 2008. C est aussi depuis cette date qu elle travaille sur le quotidien et les communautés sur le territoire israélo-palestinien.








